Une jeune Tchétchène témoigne à Albi sur les colonies pénitentiaires en Russie

Zara Mourtazalieva, jeune Tchétchène, vient de passer plus de huit ans en colonie pénitentiaire en Mordovie (Russie). Elle sera le 21 janvier à l’université Champollion à Albi et racontera la machination dont elle a été victime ainsi que les conditions de détention dans ce qui est un nouveau Goulag. A ses cotés, Aude Merlin, de l’Université Libre de Bruxelles, spécialiste du Caucase du Nord (elle a mené des missions au Daghestan et en Tchétchénie en 2012 et 2013) décrira le régime de peur qui règne… à quelques dizaines de kilomètres de Sotchi où vont avoir lieu les Jeux Olympiques d’Hiver en février.

La Tchétchénie au sein de la fédération de Russie

Les deux jeunes femmes seront présentes le mardi 21 janvier à 21 h à la Maison Multimedia de l’Université Champollion à Albi à l’invitation du Collectif de soutien aux familles tchétchènes. Celui ci indique que les familles Tchétchennes présentes dans le Tarn décrivent que le vie quotidienne dans leur pays d’origine est faite d’arrestations arbitraires et de kidnapping sous couvert de lutte contre le terrorisme. Il ajoute : « Pour l’une de ces familles, c’est le frère qui a été enlevé depuis plus de 2 ans et dont on n’a pas de nouvelles ; pour une autre c’est le père réveillé au milieu de la nuit qui s’est fait tabasser par 2 hommes masqués et laissé pour mort… Malgré cette situation, en France et dans le Tarn en particulier, des familles tchétchènes continuent de recevoir des OQTF (Obligation à Quitter le Territoire Français ), alors qu’un retour en Russie les expose à de grands dangers. Que fait-on du droit d’asile ? Le Collectif, qui a aidé depuis des années des familles, moralement, financièrement et dans leurs demandes complexes pour obtenir le droit d’asile,continuera à les soutenir. »

« Le Président Tchétchène invente des terroristes comme le docteur Knock des malades »

Le collectif rappelle aussi le constat que faisait Patrick Penot sur France Inter il y a un an, le 25 janvier 2013 : « Si l’assassinat de Natalia Estemirova , responsable de l’ONG des droits de l’homme Mémorial avait fait grand bruit en 2009, parce que c’était une personnalité connue, la plupart des exactions commises par les hommes de main de Kadyrov président de la Tchétchénie passent à peu près inaperçues. C’est le quotidien en Tchétchénie. On ne compte plus le nombre de kidnappings, les arrestations arbitraires de citoyens au nom de la prétendue lutte contre le terrorisme. Les victimes sont parfois choisies au hasard parce qu’il faut remplir des quotas imposés par la lutte antiterroriste et comme le docteur Knock, inventait des malades, les hommes de Kadyrov inventent des terroristes. Ces opérations violentes sont souvent menées par des hommes masqués en uniforme et qui se déplacent dans des véhicules sans immatriculation. Qui sont ces hommes de main ? Généralement, d’anciens combattants des 2 guerres de Tchétchénie qui se sont progressivement criminalisés. Arrêtés, on leur a laissé le choix : ou on les tuait ou ils s’enrôlaient dans les bandes de Kadyrov. Kadyrov a donc maintenant à sa disposition une armée d’hommes dépravés qui ont été exercés à tuer et torturer. »

Que se passe-t-il réellement au Daghestan et en Tchétchénie ? La conférence débat permettra d’apporter des réponses avec les paroles de deux personnes particulièrement au fait de la situation dans ces pays. Entrée gratuie.

 

Source : Collectif de soutien aux familles tchétchènes.

image « La Tchétchénie au sein de la Fédération de Russie » – (c) wikipedia

 

 

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