Reporters sans frontières, Sous Haute Surveillance

100 photosde Ai Weiwei pour la liberté de la presseArtiste et dissident chinois, Ai Weiwei est devenu ambassadeur de Reporters sans frontières en juin 2013. Entre le plasticien de renommée internationale, emprisonné puis assigné à résidence et harcelé par la censure chinoise, et la principale organisation indépendante de défense de la liberté de l’information dans le monde, la collaboration s’est imposée comme une évidence. Depuis les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, dont les anneaux transformés en menottes par Reporters sans frontières ont fait le tour de la planète pour dénoncer la plus grande prison du monde pour les journalistes, la liberté d’informer en Chine reste extrêmement précaire pour les médias professionnels comme pour les net-citoyens (173e pays sur 179 dans notre classement). À chaque instant, les défenseurs du droit fondamental à informer et à être informé restent donc mobilisés pour agir contre des violences permanentes et une censure omniprésente.

« Pouvoir d’État, police secrète » : une série de photos exclusives 

En offrant à Reporters sans frontières plusieurs dizaines de clichés documentant la surveillance dont il est victime, Ai Weiwei poursuit sa résistance. Il pose une nouvelle pierre à son oeuvre monumentale de dénonciation de toute forme d’entrave à la liberté d’expression.
Selon lui, « un seul acte vaut un million d’intentions ».

De nombreuses personnalités se sont également associées à cet album : 

  • le prix Nobel de la paix Lech Walesa,
  • le photographe Stuart Franklin de l’agence Magnum Photos, lauréat du World Press avec son célèbre cliché « L’homme au tank »,
  • l’éditeur Bao Pu basé à Hong-Kong qui publie des livres censurés en Chine,
  • Pierre Haski, journaliste et fondateur du site Rue89,  et les dissidents chinois Hu Ping, Hu Jia, Zeng Jinyan ainsi que l’écrivain en exil Liao Yiwu qui proposent ici des textes inédits.

Ai Weiwei,Oeil pour oeil

Lanterne devant le portail du studio de Caochangdi / © Ai Weiwei

Après son incarcération de plus deux mois et la destruction de son studio en 2011, Ai Weiwei a décidé de transformer en oeuvre d’art la surveillance quotidienne et oppressante que lui infligent les autorités chinoises. « Tout est art. Tout est politique », aime-t-il à dire.
Braquer les projecteurs sur une « police (plus si) secrète », filmer les filatures, souligner les caméras de lanternes rouges, symboles traditionnels de la bourgeoisie chinoise : le plasticien chinois joue au boomerang. Avec ironie et insolence, il renvoie les espions tapis au restaurant ou postés devant sa porte à leur propre image.
Ai Weiwei nous offre ici une plongée angoissante dans un monde privé de liberté d’expression. Une invitation à réfléchir sur le pouvoir de l’information et à agir pour dénoncer la surveillance.

Ai Weiwei, la dangereuse quête de la vérité

L’artiste

Ai Weiwei dans l’ascenseur alors qu’il est emmené en garde à vue par la police, août 2009, Sichuan, Chine / © Ai Weiwei

Né en 1957, Ai Weiwei est l’une des personnalités les plus influentes de l’art contemporain. Ses oeuvres, aussi diverses que les facettes de sa personnalité, sont exposées dans le monde entier. Photographe, architecte, sculpteur, réalisateur, cet artiste indiscipliné bouscule les conventions et marque les esprits avec des oeuvres singulières comme Template, sculpture composée de portes et fenêtres en bois récupérées sur des édifices datant des dynasties Ming et Qing.

Le résistant

Ai Weiwei doit aussi sa notoriété à son esprit contestataire. Ses actions militantes, comme son soutien manifeste à l’enquête sur les décès d’enfants lors du séisme au Sichuan, lui valent en 2011 la fermeture de son blog, l’interdiction de quitter le pays… Il est arrêté puis libéré après 81 jours de détention et une mobilisation internationale des défenseurs des droits de l’homme. Le documentaire

Ai Weiwei : Never Sorry, de Alison Klayman, est consacré à sa lutte quotidienne contre  la censure.

L’activiste

Filature depuis la librairie donnant sur le parc Chaoyang (Pékin) / © Ai Weiwei

Depuis 2005, Ai Weiwei est devenu adepte des nouveaux médias. Fasciné par le dynamisme des blogs et  des forums, il s’est pris au jeu en partageant en ligne toutes sortes de réflexions, des centaines de photos, sur l’architecture, l’art, l’actualité… Le web  est pour lui un véritable outil de provocation. Plusieurs centaines de milliers de personnes le suivent.

Ai Weiwei sur le web

Reporters sans frontières

Reporters sans frontière, 100 photos pour la liberté de la presseReporters sans frontières édite depuis plus de vingt ans une collection unique d’albums « 100 photos pour la liberté de la presse ». La principale organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de l’information dans le monde invite, trois fois par an, des photographes célèbres et engagés à soutenir ses combats. Diffusés à plus de 120.000 exemplaires dans le monde entier, ces albums bilingues doivent leur notoriété auprès du grand public à la qualité des photographies présentées, à leur prix accessible (9,90 euros) et  à l’engagement militant dont ils témoignent ; l’intégralité des ventes finance les actions de Reporters sans frontières. En 2013 pour la première fois, une version numérique enrichie est disponible en français et en anglais sur l’Apple Store.

Reporters sans frontières sur le web

Source : Communiqué de Reporters sans frontières
Photos : © Ai Weiwei

 

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