Tribune libre : Nos amis les bêtes…

LTribune libre : Nos amis les bêtes... / © synto - Fotolia’été, synonyme de vacances pour certains, de déménagement pour d’autres, de repos parfois, d’inactivité encore ou de suractivité.

Le rythme de vie humain est fortement marqué par cette période.

Qu’en est-il de nos petits compagnons à 4 pattes : chiens et chats en particulier ?

Certains peuvent suivre leurs maîtres dans leur périple, et certains maîtres ne les confieraient pour rien au monde à des inconnus. D’autres sont en vacances chez papi et mamie, tonton et tata, cousin et cousine ou parrain et marraine ; d’autres encore bénéficient des bons soins d’une dog sitter ou sont hébergés en pensions canines ou félines.

Et oui, prendre une petite boule de poils ronronnante ou jappante, à poils longs ou poils courts, à nez pointu ou écrasé, nécessite une certaine organisation lors de nos absences quotidiennes mais surtout estivales.

A chaque médaille, son revers ! Rien de plus normal me direz-vous…

Et pourtant…

Chaque année, à la même période, la vétérinaire que je suis est confrontée au même problème :

  • Appel à 21h30, hier soir : « les voisins sont partis en vacances et leur chaton hurle sous mes fenêtres. Je l’ai nourri, caressé mais à 3 mois, dormir seul dans la rue c’est bien désespérant ! Je ne peux le garder sans risquer une crise d’hystérie de mon propre chat, mon voisin le plus proche est allergique et les autres sont en vacances. Je fais quoi Docteur ? »

Et me voilà, pour la énième fois, transformée en bon samaritain par d’autres bons samaritains qui pallient aux carences humaines.

Ma bienveillance m’oblige à laisser le bénéfice du doute aux responsables :

  • Que s’est-il passé pour ces heureux vacanciers qui ont mis cette adorable chatonne dans cette situation autant périlleuse qu’angoissante ?
  • Avaient-ils une cat sitter pour la nourrir qui l’aurait laissée, par inadvertance, sortir et rester dehors ?
  • Dans leur empressement ont-ils oublié de mettre ce petit être dépendant dans sa caisse de transport qui est devenue objet inutile dans le coffre de la voiture familiale (il a été bien sage pendant le voyage ce chaton ?)
  • Ont-ils du évacuer précipitamment les lieux en raison d’une menace d’attaque au gaz sarin ?

Que sais-je encore ?

Si ce n’est que ce cas de figure est répétitif, chaque année, de nombreux chatons, chiots, chats et chiens sont laissés seuls, livrés à eux-mêmes au moment des départ en vacances. Chaque année, des petits animaux domestiques sont jetés dans des bennes de recyclage de vêtements, dans des poubelles, par-dessus des murs de jardin, dans des cartons en bord de route, sur la bande d’arrêt d’urgence… Que sais-je encore ?

Ce qui est surprenant, c’est que lorsque, par hasard, on rencontre ceux qui, tout bronzés, reviennent pour la rentrée, ils tiennent tous le même type de discours :

  • « vous comprenez, Docteur, c’est cher la pension canine ! »
  • « vous comprenez, un chat çà chasse, ça se nourrit tout seul, çà se débrouille ! »
  • « vous comprenez ce sont les enfants qui l’ont ramené à la maison et on n’a pas su dire non.et là on n’avait pas d’autre solution. »

Irresponsabilité ? Ignorance ? Négationnisme des besoins essentiels de ces animaux domestiques ? Egocentrisme et absence d’empathie ?

Je ne sais et m’efforce de ne pas juger, mais ce n’est pas parce que ce ne sont que des bêtes que nous sommes autorisés à nous comporter de la sorte avec eux. Ce serait, il me semble, bien peu humain.

Rappelons que les synonymes d’humanité sont : altruisme, bienveillance, bonté compassion, douceur…

Rappelons que l’Article 5 de la déclaration universelle des droits de l’animal (proclamée solennellement à PARIS le 15 octobre 1978, à la Maison de l’UNESCO) dit que : « l’animal que l’homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs et qu’il ne doit, en aucun cas, être abandonné… »

Le chat est un animal dépendant de l’homme ! ceux qui vivent à l’état sauvage ne font que survivre. Regardez-les : ils sont affreusement maigres, sales, effrayés. Ils se reproduisent à en dépérir précocement. Ils deviennent de véritables nuisances pour certains (déjections, tapage nocturne, agresseurs de leur petit compagnon choyé, lui…) et de véritables crève cœur pour ceux qui les aiment et ne suffisent plus à enrailler leur prolifération et les épidémies qui, sans les éradiquer, les dévisagent.

Les chats ne sont pas des herbes folles ou de jolies fleurs des champs. Ce sont des animaux domestiques : ils ont pour habitude de vivre avec les hommes. Les anciens félins sauvages qu’ils étaient ont adopté des comportements nouveaux et héréditaires qui leur ont été inculqués par les hommes. Ils sont dépendants des Hommes.

Le chat est un animal domestique. Le chien aussi.

A ce titre, l’Homme est responsable d’eux : il les a créé dépendants. Il est responsable de l’individu comme de la gestion de sa reproduction.

Par respect pour nous-mêmes, pour nos voisins et pour ces animaux que l’humanité a créé, par sélection, dépendants de nous, faisons face aux responsabilités qui nous incombent lorsque nous adoptons un chaton, un chiot, un chat ou un chien : de bons soins, une alimentation suffisante et adaptée, la gestion de leur reproduction, l’organisation de tout cela en notre absence bien légitime… ou ne prenons la responsabilité de ces petites vies.

De nombreux professionnels et Bénévoles peuvent nous aider à gérer des situations qui nous paraissent désespérées : les vétérinaires, les associations de protection animales, les gérants de pensions canines, de clubs d’éducation canine… votre voisin passionné de chats de chiens…

Qui sais-je encore ?

Il n’y a pas de problème sans solution…

Docteur Marie BABOT
Vétérinaire

Photo : © synto – Fotolia

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