Lorsque le 28 mars au matin, chacun(e) prendra connaissance des résultats des élections cantonales dans notre département, il constatera que la gauche reste majoritaire au Conseil Général et que le Président en demeurera socialiste. Comme chaque lendemain d’élections cantonales depuis 1982. Cela fait en effet 29 ans que les socialistes tiennent l’exécutif de l’assemblée départementale, grâce à l’appui, à l’époque, d’une poignée de radicaux de gauche qui avaient décidé, finalement, de confirmer leur engagement de ce coté là, à gauche (car, dans le Tarn, il y a eu des radicaux de gauche et de droite). Pendant ces trois décennies, deux élus socialistes se sont succédés à la Présidence du Conseil Général : Jacques Durand (jusqu’à son décès début 1991), puis Thierry Carcenac, qui était déjà Vice-Président auparavant. Celui ci dispose d’une large « majorité départementale » avec 31 sièges sur 46. Une majorité parfois même renforcée, selon les votes, par l’un(e) ou l‘autre élu(e) du groupe minoritaire (Anne Lapérouse, élue Modem de Puylaurens, Marilyne Lherm, élue divers droite de Lisle sur Tarn, Paul Salvador, sans étiquette de Castelnau de Montmiral, par exemple). Sur les 23 sièges de Conseillers Généraux renouvelables les 20 et 27 mars prochains, 15 sont de la majorité (8 PS, 5 Divers Gauche, un Parti Radical de gauche, un communiste) et 8 de la minorité départementale (7 divers droite, un U.M.P.). Il faudrait une bérézina de la gauche (la perte de 9 sièges sans un gagner un seul) pour que le Conseil Général ne garde pas une majorité de gauche, même si le « marquage politique » de l’Assemblée départementale tarnaise est atténué, à l’image de ce qui se passe souvent dans les départements à héritage rural : si les socialistes constituent la plus forte composante politique du Conseil Général avec 18 élus (il n’y a que deux élus communistes, un radical de gauche, un Modem, 6 UMP, aucun Vert), le deuxième groupe le plus influent au Conseil Général est en fait celui des divers gauche (10 élus) talonné par les… divers droite (8 élus).
Il n’y a donc pas en vue de basculement politique de la majorité du Conseil Général du Tarn à l’issue des prochaines cantonales. L’intérêt de ce scrutin réside en fait dans certaines situations locales « particulières » où la confrontation électorale s’avère atypique ou bien dont le résultat permettra peut-être de dégager des enseignements pour d’autres scrutins, notamment les élections municipales à venir en 2014. Dans cette perspective, tentons un tour d’horizon.
A Albi et Graulhet, on pensera aux municipales
Alternativement, selon la série des sièges à renouveler, le scrutin cantonal remet en jeu les sièges de l’un ou l’autre des deux centres urbains du Tarn, Castres ou Albi. Cette année, ce sont les 5 sièges de la ville Préfecture qui sont renouvelables. En analysant, canton par canton, la situation à Albi, on constate que des arrières pensées concernant les municipales (passées et à venir) sont présentes, même si quelques enjeux fortement symboliques existent aussi au niveau départemental.
► Albi-Centre. Candidats : Benjamin Benoist (FN); Olivier Brault (sans étiquette), Guillaume Cros(Europe écologie Verts); Serge Garcia (DVG, sortant) ; Marie-Françoise Lescure (Front de Gauche, PCF); Sylvie Lyprendi (PS). A l’Hôtel de Ville d’Albi, on regardera de très près le résultat de ce canton. Philippe Bonnecarrère, le Maire U.M.P. d’Albi, a mis tout son poids dans le scrutin en accordant un soutien appuyé à son 1er Adjoint, Olivier Brault… lequel, responsable départemental de l’U.M.P. se présente en mettant son étiquette politique dans la poche et en insistant sur le fait que cette élection n’a rien de nationale, qu’il s’agit d’élire les élus locaux les plus compétents, ceux qui cherchent à « apporter des solutions aux problèmes des gens » (tiens, on dirait du DSK dans le texte). Les deux hommes s’accordent pour dire que « le résultat de l’élection aura du sens » pour l’un et l’autre en vue des municipale de 2014 : à cette échéance, P. Bonnecarrère envisage de se retirer et de laisser le soin à O. Brault de conduire la liste de droite. Dans ce canton, Serges Garcia, le sortant, divers gauche membre de la Majorité départementale, paie son engagement sur une liste de gauche concurrente de la liste socialiste aux municipales de 2008 : une candidate socialiste lui est opposée qui se prévaut (comme S. Garcia) du soutien de Thierry Carcenac.
► Albi-Nord-Ouest. Candidats : Frédéric Cabrolier (FN); Roland Foissac (Front de gauche, P.C., sortant); Karim Gharbi (DVD); Loïc Steffan (PS); Bernard Yvert (Europe écologie). Ce canton à parfois réservé des surprises dans le passé, en raison de divisions à gauche. En 1992, Michel Castel, alors Maire socialiste d’Albi, y a été spectaculairement battu, en raison du maintien d’un candidat communiste au second tour. Depuis 1998, le siège est détenu justement par une figure communiste du Tarn, Roland Foissac, désormais Vice Président du Conseil Général. A chaque renouvellement, les socialistes lui ont opposé un candidat. Sans succès jusqu’à présent. Ils repartent à l’assaut cette année avec Loïc Stéphan, qui espère incarner un renouvellement de génération. Pour l’anecdote : dans un autre siècle, Roland Foissac à été l’instituteur de Loïc Stéphan. Plus sérieusement : le Front National semble avoir décidé de faire de ce canton un test en y présentant son responsable départemental, lequel mène campagne activement à la différence de la plupart des autres candidats d’extrême droite dans le Tarn.
► Albi-Sud. Candidats : Michel Albarède (parti radical de gauche, sortant); Marie-Christine Boutonnet (FN); Marie-France de Truchis( Europe écologie); Thierry Dufour (DVG);. Alain Dussel (PG); Hugues Jourde (régionalistes); Paul Martin (DVD). Dans ce canton, Michel Albarède a le même « passif » municipal que Serge Garcia dans le canton Centre : il a été candidat – et même en n°1 - dans une liste concurrente à celle des socialistes en 2008. Mais l’homme est avocat et il a dû savoir plaider sa cause. Le P.S. ne présente aucun candidat dans ce canton. Mystère de la politique. Ici, la droite n’y croit pas du tout et présente un monsieur Martin. A surveiller : le score de Marie-France de Truchis, élue municipale écologiste.
► Albi-Nord-Est. Candidats :Thierry Carcenac (PS, Président du Conseil Général sortant); Nicole Gisclard(FN); Jean-Pierre Merlo (Europe écologie); Jean-Marc Vieules( DVD); André Boudes (Front de gauche, PCF). Lors du précédent renouvellement dans ce canton, en 2004, Thierry Carcenac l’avait emporté dès le 1er tour, avec 52, 5 % des voix. Sa simple mise en ballottage constituerait une victoire pour ses concurrents et un avertissement pour lui, dont la 1ère élection au Conseil Général remonte à 1979. Il y a trois ans, candidat dans un autre canton, l’écologiste Jean-Pierre Merlo avait été en mesure de maintenir sa candidature au second tour, provoquant la défaite de la candidate socialiste. Renouvellera-t-il ce défi cette année, s’il en a la possibilité ?
► Albi-Ouest. Candidats : Marie-Claude Bascoul (DVG); Julien Bestion (Europe écologie); Loïc Gieules(FN); Liberto Gimenez (Alternatifs); Jean-Philippe Roques (sans étiquette); Jacques Valax (PS, sortant). Ici aussi chacun est « la tête dans les municipales ». En cas de ré-élection aisée, Jacques Valax serait en position de force pour affirmer ses ambitions à gauche et postuler à la Mairie d’Albi. Son handicap en vue des municipales de 2014 : quoi que se disant opposé au cumul des mandats, Jacques Valax est déjà aussi député. Un jour, il lui faudra choisir. Dans ce scrutin cantonal, il trouve sur sa route, une ancienne proche. Marie-Claude Bascoul a été membre du cabinet de Thierry Carcenac et Vice Présidente, socialiste, du Conseil Régional. Elle a été exclue du P.S. en 2008 en raison de sa présence sur la Liste Albarède aux municipales d’alors. Pour elle, ces cantonales sont un peu un 3ème tour des municipales passées. Un autre ancien socialiste est engagé dans ce scrutin : Liberto Gimenez, désormais membre, Alternatif, du Front de Gauche. Il est bien implanté dans le tissu associatif albigeois.
Dans une autre cité tarnaise qui constitue la majeure partie d’un canton renouvelable les 20 et 27 mars, la configuration du scrutin ressemble à un troisième tour municipale. Il s’agit de Graulhet, dont le 1er Magistrat est le socialiste Claude Fita, depuis mars 2008, qui a su profiter des errements, pendant des années, de la droite locale.
► Graulhet. Candidats : Jean-C. Amalric (PNA); Bernard Bacabe (PCF); Sylvain Bonleux (UMP); Claude Bousquet (PS); Daniel Rifa (Régionalistes); Arnaud Vilmant (FN). En 1998, ce canton avait défrayé la chronique jusqu’au niveau national. Droite plus extrême droite étaient clairement majoritaires au 1er tour et le candidat de droite avait passé un accord de second tour avec celui du Front National en vue de bénéficier de son désistement. Résultat : le socialiste Claude Bousquet, qui avait senti le vent du boulet, avait été réélu. Cette fois, le scrutin sera un peu un 1er test local depuis mars 2008 et l’accession à l’Hôtel de Ville de Claude Fita, Claude Bousquet étant membre de la majorité municipale. En trois ans, la nouvelle municipalité a lancé une dynamique de reconquête dans les domaines économique et culturel. Cependant, le style de gouvernance de l’équipe qui entoure le Maire a pu irriter. Y compris à gauche. Face à Claude Bousquet : Sylvain Bonleux qui ne dissimule pas, lui, son drapeau U.M.P. Il a conduit une des listes de droite au scrutin de 2008 et ne lâche rien à chaque réunion du Conseil municipal. Le résultat des bureaux de vote de la ville de Graulhet même seront à regarder pour mesurer l’évolution des sensibilités à mi-mandat municipal. Enfin, dans ce canton, les écologistes son absents : cela profitera-t-il au régionaliste occitan Daniel Rifa, qui figurait l’an dernier comme candidat sur la liste que son parti avait constitué pour les régionales avec Europe Ecologie ?
Des situations locales atypiques à surveiller
Enfin, dans plusieurs canton, des surprises peuvent avoir lieu en raison de configurations pas classiques. C’est le cas à Saint Paul Cap de Joux où il faudra surveiller les effets de l’absence de candidat de la droite dite « républicaine ». Ce canton fait partie de la circonscription de Bernard Carayon, le député Maire U.M.P. de Lavaur, qui est du collectif parlementaire « Droite Populaire », constitué en juillet 2010, lequel plaide, notamment, pour « La Nation, seul cercle d’appartenance à la fois à l’échelle de l’homme et à l’échelle du monde » et « élément fondamental de notre identité ». Et de fait, dans ce canton, le seul choix à droite sera… le vote National, pour le F.N. A gauche, on se bouscule : le sortant P.S. Laurent Vandendriessche est en concurrence avec un candidat Front de gauche, Bernard Cottaz-Cordier, soutenu par la Fédération départementale communiste, et une militante de longue date de la vie associative locale, Claudine Frassin, soutenue par le P.C.F vauréen. Dans les chaumières de gauche, on doit croiser les doigts pour que cette « zizanie » ne débouche pas sur la présence du Front National au 2ème tour… Autre cas particulier dans ce scrutin cantonal : à Lisle sur Tarn, sur 7 candidats, 5 sont des candidates… Et pas des candidates anecdotiques : la sortante Marilyn Lherm (désormais sans étiquette) est confrontée notamment à Danielle Rallière (P.C.F.) et Nicole Sanchez (P.S.). On n’oublie pas Bénédicte Portal, la candidate Occitane, ni Henriette Relaix (sans étiquette). Dans un canton où, traditionnellement, ce ne sont pas les étiquettes politiques qui ont fait l’élection (longtemps conseiller général, Jean Béteille est passé dans sa carrière politique de droite à gauche), un nouveau critère, de genre, existe-t-il ? En tout cas, pour ce qui est de la parité, Lisle sur Tarn mis à part, ces élections cantonales 2011 dans le Tarn ne constituent pas encore une avancée substantielle : la loi oblige à ce que la parité existe entre candidats titulaires et candidats remplaçants. Si le titulaire est un homme, il a une remplaçante, et inversement. Seulement voilà : sur 107 « tickets » en lice, dans 84 cas, le candidat titulaire est un homme…
Source : Site officiel du Ministère de l’Intérieur, tous les résultats des cantonales depuis 2001
Photos : « Affiches électorales dans le Tarn » (c) Jean Sol pour DTT
Post scriptum
Claudine Frassin a raison dans son commentaire (lire ci dessous). La mention « Bernard Cottaz-Cordier, soutenu par la Fédération départementale communiste » qui figure dans le petit coup de projecteur sur la situation à Saint Paul Cap de Joux n’est pas la bonne. Une autre formulation aurait été plus opportune, du genre : « Bernard Cottaz Cordier, qui inscrit sa candidature dans le cadre d’une déclaration commune signée dans le Tarn par les organisations politiques associées dans le Front de gauche (Parti communiste, Parti de Gauche) et les Alternatifs ». C’est une des difficultés du travail d’informer : on voit que la seconde mention, en effet plus « vraie », fait presque trois lignes quand l’autre tient en 7 mots. Or, informer, entre autres, c’est tenter de dire le plus simplement possible des réalités souvent complexes afin de les rendre accessibles au plus grand nombre. Mais la simplification ne doit pas conduire au simplisme (par exemple en réduisant les situations à la confrontation entre des bons et des mauvais, ce que nous avons tous, humainement, la tentation de faire quand les réalités sont compliquées). Ceci dit, je ne suis pas sûr que la formulation plus affinée à laquelle je pense n’aurait pas attiré, elle aussi, les critiques de Claudine Frassin : en effet, le « problème » dans cette cantonale entre le Parti Communiste et Bernard Cottaz Cordier est que ce dernier inscrit sa candidature dans le cadre de l’accord départemental mentionné, qu’il a réalisé un document de campagne sur lequel figure le sigle du PCF et que le Parti communiste lui conteste le droit de le faire, etc…
Deux choses encore : je crois qu’aucun des candidats en lice, à gauche, dans ce canton n’est un voyou; et ilne faudrait pas que la situation conflictuelle entre candidat de gauche fasse passer au second plan l’essentiel dans ce canton – ce pourquoi j’ai fait un coup de projecteur sur lui – , c’est à dire l’absence de candidat de droite républicaine qui ouvre un boulevard au Front national.
Pour conclure, j’invite les internautes, a lire les autres articles que Dans ton Tarn consacre au canton de Saint Paul Cap de Joux et notament ceux de Simon Roy qui présente l’esprit de la candidature et les thèmes de préoccupation de trois des candidats (Bernard Cottaz Cordier, Claudine Frassin, Laurent Vandendriessche) de façon utile et intéressante. L’utilité de Dans ton Tarn tient, je crois, dans ce souci qui se manifeste entre autre dans la couverture tentée à propos de ces cantonales : fournir en toute indépendance des éclairages diversifiées sur les enjeux de l’élection, y compris les plus complexes (la réforme territoriale), prposer des analyses sur ce qui se joue au niveau départemental comme dans certaines situations locales, faire état de toutes les candidatures… Le fait de faire cela via un site internet présente de plus l’avantage de rendre possible un dialogue avec les internautes, d’amener l’informateur que je suis à s’interroger sur sa pratique (ce qui est un garde fou indispensable), de tenter en quelque sorte de mieux se comprendre entre « fabricants » de l’information et « utilisateurs » de celle ci.
Jean Sol, 17 mars 2011











je pense que si les socialistes n’avaient pas eu les communistes en appuis dans le departement y a longtemps que la droite l’aurait eut
merci au communistes qui eux ont etes looser a chaques elections locales.lacal a lisle sur tarn rien qu’a voir quand je me suis presenté 10% pour le parti communiste et comment ils sont venus mendiér les voix de mes electeurs
pour cela j’ai arreté de prendre une carte au parti communiste qui eux sont vraiment moutons,jamais il y aura un communsites qui se respecte a la tete des elections locale contre les socialistes alors qu’il y aurait possibilité mais hélasssssssssssssssss ils sont bloqués entre radicaux de gauche lcr et divers gauche et sans parlé des sans etiquettes qui sont soutenus par le ps ou le mrg
jespere une chose ;que vous vous trompiez sur les pronostics car c’est une honte d’annoncer ce genre de resultats à l’avance ; cela n’encourage pas les electeurs à se presenter aux urnes… je vois aussi que meme pour des cantonales ,il y a magouille politique de la gauche ; ces elections devraient rester apolitique ,sans etiquettes pour des elus au service de la population et non de leur parti politique… si ces elus n’oeuvrent pas pour leurs concitoyens ,qui le fera ? qui reglera les problêmes locaux? Paris? non!!!
alors arretez de vous preoccuper de votre parti politique, de savoir qui va etre califfe à la place du califfe et posez vous les vrais questions, »quesque je peux faire pour ma region et mes concitoyens? »
Aux electeurs, posez vous cette question: cela fait 29 ans que les socialistes tiennent l’exécutif de l’assemblée départementale, quel est le resultat et etes vous satisfait de leur travail? votez en votre ame et concience et non pour suivre une idée politique ou par habitude … et pourquoi pas renverser la vapeur et leur faire comprendre que rien ne va ou votre mecontentement?? rendez vous aux urnes…..
des voyous sèment la zizanie et vous tombez dans le panneau!
Il est évident que les candidats communistes sont soutenus par la fédération départementale de leur parti. L’accord avec le parti de gauche n’est valable que sur certains cantons; ailleurs, les partis présentent chacun leurs candidats, comme à St Paul Cap de Joux, mais nous ne sommes pas les seuls sur le Département, avec cette configuration et c’est une décision départementale du PC.
Attention l’originalité de votre journal n’est pas la presse à scandales, d’autres l’on fait avant vous.
Vérifiez vos sources, sinon c’est de la désinformation. ça peut être grave
sans rancune, pour celui qui se cache sous ce pseudo!
Noter la réponse de Jean Sol en post sciptum de son article
Plusieurs erreurs, dont 2 grossières, dans vos commentaires sur le canton Albi N-O.Souhaitez-vous les corriger?
Depuis presque 20 ans le canton d’Albi Nord Ouest est assez symptomatique de tensions qui peuvent exister dans la gauche albigeoise, encore aujourd’hui, avec des enjeux municipaux en arrière plan. Et la droite a pu en tirer ses marrons du feu.
Que s’est il joué en mars 1992, lors de cette élection cantonale à laquelle on a fait allusion ? L’élection était couplée aux régionales et Michel Castel, alors Maire socialiste d’ Albi, réélu trois ans plus tôt, tentait un pari risqué : tête de liste départementale aux élections régionales, il était aussi candidat aux cantonales dans ce canton Albi Nord Ouest, dont le conseiller général socialiste sortant, Pierre Valax, ne se représentait pas. A noter : le risque de cumuler les mandats ne semblait pas problématique pour lui. Sept autres candidats étaient lice dans ce canton : M. Fraisse (F.N.), Jean Cayre (UPF, pour faire simple : l’UMP d’aujourd’hui), Jean-Antoine. Costumero (Occitan), Jean-Marc Vieules (Divers droite étiqueté cette fois là « Région écologie »), Michel Mazel (Divers gauche), J.P. Merlo (Verts) et Nelly Foissac (Parti communiste).
A l’issue du 1er tour, le 22 mars 1992, la gauche socialiste s’est trouvée en grande difficulté sur la majorité des cantons albigeois, dont le canton Albi Nord Ouest. Michel Castel, arrivé en tête avec 24, 75 % des voix, y était en situation de ballottage peu aisé : une triangulaire s’est profilée pour le second tour. Les deux autres candidats qui ont pu se maintenir ont été : le candidat de droite Jean Cayre (22, 93 %) et le divers gauche Michel Mazel (16, 03 %). Trois autres candidats arrivaient ensuite dans un mouchoir de poche (30 voix d’écart) autour des 10 % des suffrages exprimés : le Front National Fraysse (10, 30 %), le divers droite J.M. Vieules (9, 83 %) et la candidate communiste Nelly Foissac (9, 8 %). Mais ils ne pouvaient rester en lice pour le second tour. Le candidat Vert totalisa 5, 27 %. L’occitan 1 %.
La triangulaire a été provoquée par le maintien de Michel Mazel et non de Nelly Foissac. Dont acte, humblement. Michel Mazel était un ancien socialiste, Maire de Cagnac les mines. A l’occasion de ces cantonales, lui et d’autres anciens socialistes avaient « défié » les candidats P.S. dans la Ville – Préfecture (cela nous rappelle une configuration très actuelle à Albi). Au 1er tour, la campagne avait aussi été marquée par des relations tendues entre le P.C. et Michel Castel : ainsi, à l’occasion d’un problème de diffusion simultanée du Journal municipal d’Albi et de documents de campagne socialiste (un incident affirma le Maire, mais qui pouvait en effet porter à confusion), le groupe des élus communistes à la Mairie d’Albi avait réagi vivement.
Entre les deux tours, le canton d’Albi Nord Ouest étant devenue celui de « tous les enjeux », la question des désistements est devenue cruciale.
Jean Marc Vieules (Ecologiste régional, Divers droite) annonça rapidement : « pas une voix à Michel Castel, votez et faite voter pour le candidat d’opposition le mieux placé ». Le candidat occitan appela à voter pour ceux qui prendraient clairement position au second tour en faveur d’une politique culturelle occitane. La position de Nelly Foissac, qui était alors adjointe aux affaire sociale dans l’équipe municipale de Michel Castel, fut connue le vendredi, à l’avant veille du scrutin. Par communiqué, elle indiqua avoir beaucoup réfléchi, être consciente que le maintien de Michel Mazel bénéficiait à Jean Cayre et que la droite pouvait « espérer l’emporter, forte de tout ce qui ces dernières années à tirer la société et le PS vers la droite ». Sa conclusion : « J’ai toujours répondu présente pour faire barrage à la droite. S’abstenir, votez blanc, voter Mazel, c’et tout bon pour la droite. Pour ce qui me concerne le choix du bulletin Michel Castel dimanche ne constitue pas un ralliement (…) A vous de réfléchir et de décider ».
Le dimanche 29 mars, au second tour, Jean Cayre a obtenu 40, 45 % des voix, Michel Castel 35, 16 % et Michel Mazel 24, 39 %. 60 % des voix pour des candidats se réclamant de la gauche… et un conseiller général de droite élu. La défaite du Maire d’Albi Michel Castel fait « mal à la gauche », déclara le soir même le Secrétaire fédéral du P.C.F. d’alors Rolland Foissac. Devenu Conseiller général du canton d’Allbi Nord Ouest en 1998, celui ci s’est ensuite vu opposer, jusqu’à aujourd’hui, dans ce canton, un candidat du P.S. ou soutenu par lui. En souvenir de cette élection perdue, et mal digérée, de 1992 , pour les socialistes ?
Depuis 1992, la Mairie d’Albi est passée à droite en 1995. Les divisions de la gauche en albigeois ont culminées en 2008 avec deux listes concurrentes. Et aux cantonales de cette année, d’anciens socialistes entrés en « dissidence » en 2008 sont en concurrences avec des conseillers généraux socialistes ou des candidats socialistes dans les cantons d’Albi. 19 ans après, des noms sont toujours là, en lice à Albi, qui étaient au cœur du scrutin de 1992 dans le canton Albi Nord Ouest, scrutin dont vient de conter longuement (trop peut-être) la « petite » histoire : Foissac (Rolland, désormais), Jean Pierre Merlo, Jean-Marc Vieules (candidats eux, cette fois, à Albi Nord Est)… La politique, ce sont souvent des histoires anciennes qui sont encore d’aujourd’hui.
Il y a plusieurs erreurs, notamment sur le canton Albi Nord-ouest, je n’ai pas souvenance qu’il y ait eu le maintien d’un candidat PCF face à Michel Castel, notamment … Pourriez-vous vérifier et corriger, si possible.
Autre erreur grossière, Bernard Bacabe, candidat sur le canton de Graulhet, maire de Briatexte, n’est pas un candidat PCF, même s’il a le soutien de ce parti, il se présente sous l’étiquette divers gauche. Merci de corriger, pour informer correctement vos lecteurs.
Je crois qu’il ne faut pas hésiter a pointer les « erreurs grossières » tant il y en a dans cet article !
Regardez bien : toutes les autres mentions PCF à coté des noms de candidats dans les 5 cantons d’Albi mentionnés et dans celui de Lisle sur Tarn sont fausses. Aucun de ces candidats que j’ai indiqué comme étant PCF n’en a l’étiquette puisque ce sont des candidatures « Tarn-Terre de Lutte » (TTL), mention officielle déposée en Préfecture. Les deux seules candidatures déposées comme communistes dans le Tarn pour ces cantonales sont celles de Claudine Frassin à Saint Paul Cap de Joux (sympathisante, dont le remplaçant est communiste) et Yves Rallières à Castelnau de Montmiral. Corrigez moi s’il y en une troisième.
Tarn Terre de lutte est le titre donné à l’accord qu’ont conclu dans le Tarn deux des trois composantes du Front de gauche (le PCF et le Parti de gauche, Parti « de » Jean Luc Mélanchon) et les Alternatifs. Pour permettre aux internautes non initiés d’appréhender simplement les « sensibilités » politiques en présence, la mention PCF retenue dans le texte n’est peut-être pas si abusive que ça.
Jean Sol
Bonjour,
C’est quand même surprenant que M. Cottaz-Cordier, qui se présente face à une candidate communiste, veuille à tout prix s’accaparer le soutien de la fédération du PCF, de Pierre Laurent … Ce n’est pas très honnête de sa part. Il ne peut pas non plus se prévaloir d’un accord dans son canton, puisqu’il n’y a pas d’accord ! Ce monsieur a une drôle de façon de faire de la politique …
C’est vraiment très curieux et ça ne fait finalement qu’embrouiller l’électeur … Son adversaire, ça devrait être plutôt la droite et l’extrême droite !